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Questions à l'organisateur

Pourquoi avoir créé le test PROSKILAB ?

Nous avons créé le test en 2006 pour ajouter un guide d'achat à notre site Sports-hiver.com en France et ses équivalents européens. Le succès assez rapide du test nous a par la suite encouragés à lui donner un nom et un site dédié.

Qu'entends-tu par « guide d'achat » ?

Un « guide d'achat », cela voulait dire avant tout, un guide objectif, capable de guider de façon fiable l'internaute dans le choix d'une paire de skis. En tant que skieur et acheteur régulier, je voulais un test sur lequel nous, skieurs, pouvions compter.

Quelle a été ta priorité ?

La première chose que nous avons du faire a donc été de mettre en place une méthodologie : analyser les besoins des skieurs, les segmenter en différentes catégories, établir un cahier des charges pour chacune des catégories, définir les conditions de test, etc.

Il a ensuite fallu trouver un lieu de test, recruter une équipe de testeurs, etc.

Comment avez-vous choisi le lieu de test ?

Il nous fallait un domaine skiable qui nous permette de trouver toutes sortes de conditions, orientations, pentes. Par ailleurs, nous désirions un domaine adapté à nos besoins logistiques : un endroit sécurisé pour stocker les skis, un accès facile à la base de test, etc. Nous avons commencé par organiser le test à Chamonix, puis aux 2 Alpes et nous organisons le test depuis plusieurs années à la Clusaz en Haute-Savoie (France).

Comment recrutez-vous les testeurs ?

Nous voulions une majorité de professionnels expérimentés capables de pousser un ski dans ses retranchements et décortiquer son comportement. Nous recrutons donc des professionnels aguerris, moniteurs de ski et/ou guide de haute montagne. Ce sont en général des skieurs qui ont un excellent niveau technique, spécialistes de leur domaine, anciens compétiteurs.

Pourquoi communiquez vous sur le fait que PROSKILAB est un test « comparatif » ?

Tous les skieurs savent que l’appréciation d'un ski peut être différente en fonction de la météo, du skieur, des conditions d'enneigement, etc. Faire tester un ski le lundi puis un modèle concurrent le jeudi dans des conditions différentes, par d'autres testeurs, n'avait pas beaucoup de sens à notre avis. Nous avons donc décidé que les skis seraient testés par le même panel de testeurs dans la même demi-journée pour avoir des conditions de test relativement homogènes. Cela limite fortement le nombre de modèles testés, mais cela apporte beaucoup en terme de qualité d'évaluation des skis.

Comment organisez-vous la semaine de test ?

Nous commençons par réaliser un inventaire des skis reçus, les identifier avec un sticker. Nous faisons aussi un point météo. La planning de la semaine est défini en fonction du cahier des charges des catégories, des conditions d'enneigement et la disponibilité des testeurs. Certaines catégories dont le cahier des charges est plus exigeant sont prioritaires. Par exemple, les skis orientés « performance » doivent être testés sur neige dure, les skis all mountain dans de la poudreuse.

Que se passe-t'il s'il n'y a pas de poudreuse ?

C'est rare mais hélas cela arrive. Nous conservons les skis pour quelques semaines supplémentaires et organisons alors une deuxième session.

Vous avez parlé de présélection, comment cela se passe-t'il ?

La volonté de faire un test comparatif évoquée tout à l'heure implique une contrainte forte. En effet pour une catégorie, en une demi-journée, une équipe de 6 testeurs ne peut tester que 6 skis à 8 skis. Cette contrainte est particulièrement importante sur les skis all mountain et freerando qui demandent plus de temps. Ils doivent en effet être testés à la fois sur piste et en hors-piste. Lorsque les conditions l'exigent, il faut parfois déchausser pour aller chercher des pentes de neige vierge plus éloignées !

En conséquence, nous devons sélectionner préalablement les skis qui seront testés, l'objectif étant de proposer la meilleure sélection possible au regard du cahier des charges, tout en tenant compte des nouveautés et des contraintes commerciales des marques. Lorsque c'est possible, nous pré-testons les skis avant de les intégrer au test. Cette phase dure 3 jours et a lieu au mois de janvier.

En général, la sélection qui est faite avant le test est déjà constituée de skis d'un très bon niveau.

Comment sélectionnez-vous les marques ?

Nous ne sélections pas les marques, uniquement les skis. Certaines marques ne sont pas testées tout simplement parce qu'elle n'ont pas de ski suffisamment adapté au cahier des charges de nos catégories. C'est par exemple souvent le cas des marques spécialisées « freeride ».

Certains tests prennent en compte la notion de prix, pourquoi pas PROSKILAB ?

Nous avons volontairement éliminé le facteur prix, même s'il est bien entendu important pour le consommateur final. Notre objectif est d'essayer d'identifier les meilleurs skis du marché. Le prix des skis est fortement variable en fonction de l'avancement de la saison et il est impossible de l'intégrer de façon objective. C'est donc à l'internaute de faire le meilleur choix en tenant compte des tarifs qui sont proposés par les distributeurs dans les rubriques « où acheter ce ski ? ».

Quels sont les enjeux d'un test pour une marque ?

Côté équipementier, le lancement d'un ski représente beaucoup de travail, un investissement considérable avec (logiquement) une attente commerciale très forte. Par ailleurs, les résultats des tests ont bien entendu une influence décisive sur les ventes. Par exemple l'impact commercial d'une médaille « Best ski » chez PROSKILAB (mesuré par le nombre de clics sur les liens commerciaux) est significatif. Les enjeux économiques sont donc importants.

Nous finançons le test par le biais des clics réalisés par les internautes vers les distributeurs dans la rubrique « Où acheter ce ski ? », gérés par la plate-forme Gearscore.

Nous avons décidé dès le départ que le test refuserait toute relation commerciale ou publicitaire avec les marques afin de préserver notre liberté éditoriale. C'était aussi une demande exprimée par certaines marques.

Nous sommes un peu « psychorigide » sur le sujet. Nous n'acceptons aucun avantage des marques. J'achète mes skis comme n'importe quel consommateur.

Y a-t-il des marques meilleures que d'autres ?

Sur la durée, non. L'analyse des résultats du test PROSKILAB montre que les processus d'innovation entraine une rotation des marques les mieux notées.

Une ou plusieurs marques peut prendre le leadership d'une catégorie grâce à des skis qui dominent sur un segment du marché. Mais cela ne dure que quelques saisons, les concurrents revenant avec des modèles améliorés.

Comment voyez-vous les innovations technologiques des marques ?

Nous prenons naturellement beaucoup de recul par rapport au discours technico-marketing des marques. Il y a les vraies innovations, les tendances « de mode » et le discours marketing. Ce sont 3 choses différentes. Le test nous permet de mettre les skis en face de la réalité du terrain et de faire la part des choses.

Comment sont vos relations avec les marques ?

Elles sont variables et dépendent beaucoup des résultats du test. Quand les modèles bénéficient de tests positifs, elles sont généralement bonnes. Dans le cas contraire, elles peuvent être assez tendues.

Certaines marques font-elles pression sur le test ?

Nous n'avons jamais eu de pression pour modifier une note ou une médaille après le test. Par contre, la pression générale existe bien et c'est normal compte tenu des enjeux. Comme nous ne dépendons pas des budgets publicitaires des fabricants, les marques ont parfois recours à d'autres leviers. Quelques marques quittent le test et reviennent progressivement.

Comment le gérez-vous ?

Il n'y a pas mille façons de voir les choses. Soit tu réalises un test discriminant qui rend service aux skieurs, avec les marques qui acceptent de jouer le jeu, soit tu fais un test qui fait plaisir à tout le monde, qui se rapproche d'une communication technico-commerciale, mais qui laisse le consommateur dans l'indécision.

Nous avons fait notre choix il y a 13 ans. Nous refusons de « distribuer » les médailles ou les notes. Nous acceptons donc par la force des choses que certaines marques, peu satisfaites des résultats, décident de ne plus collaborer avec PROSKILAB.

Par ailleurs, le test est très sélectif en vertu de ce qui a été expliqué tout à l'heure. Nous ne pouvons pas tester toutes les marques et tous les modèles pour chaque catégorie et essayons de nous concentrer sur les meilleurs skis.

Enfin, c'est souvent provisoire. Quelques saisons plus tard, nous retestons progressivement la marque à l'occasion de la sortie de nouveaux modèles.

La roue tourne donc, parfois de façon spectaculaire. Il suffit souvent d'un modèle ou d'une gamme particulièrement performant pour changer radicalement le peloton de tête. Des marques qui se trouvaient mal notées il y a quelques années sont aujourd'hui revenues sur les premières marches du podium, à la faveur de nouveaux modèles !

Comment se passe concrètement l'évaluation des skis ?

Les testeurs partent essayer les skis, souvent en duo afin de faciliter les échanges d'information et de permettre des rotations plus longues. Ils remplissent une fiche d'évaluation à leur retour. A la fin de la demi-journée, au débriefing, nous passons tous les skis testés en revue. Nous faisons le calcul des notes moyennes, lisons les avis de chaque testeurs et discutons. Nous rédigeons ensuite une conclusion sur chaque ski. A la fin de la séance de débriefing, les testeurs attribuent les médailles.

Les testeurs sont-ils toujours d'accord entre eux ?

Non, pas toujours ! Quand il y a des différences d'appréciation sur un modèle, nous cherchons à les comprendre. Il peut y avoir des différences entre les avis des testeurs professionnels et non professionnels qui s'expliquent en général par une exploitation technique du ski différente. Il peut aussi y avoir des différences liées aux gabarits des testeurs. Ces points sont discutés lors du débriefing. Nous tenons compte de tous ces paramètres avant de rédiger la conclusion.

Comment est attribuée l'award « Best ski » ?

La médaille « Best ski » est attribuée aux skis qui répondent au cahier des charges de la catégorie et qui se distinguent par leur qualités du reste du marché. Ce sont souvent des modèles qui sont ou deviendront des références sur leur segment.

L'attribution de la médaille « Best ski » pour une catégorie n'est pas systématique. Il arrive que nous ne décernions aucune médaille lorsque les testeurs estiment qu'aucun ski ne la mérite. Inversement, il peut y avoir plusieurs médailles « best ski » dans une même catégorie.

Penses-tu être arrivé à votre objectif et pourquoi ?

Je crois sincèrement que oui. Nous voulions un test fiable et je pense que nous l'avons aujourd'hui, après 13 ans d'efforts.

Nous avons régulièrement des témoignages de skieurs qui nous indiquent être ravis du choix qu'ils ont fait sur la base des résultats publiés par PROSKILAB. Ces témoignages sont importants et nous font toujours très plaisir.

Par ailleurs, les statistiques de visite des sites sont un autre indicateur de niveau de confiance accordé au test par les internautes. Un demi-million de skieurs visitent les sites PROSKILAB chaque année. Environ 70.000 d'entre eux cliquent sur les liens « où acheter ce ski ».

Sur quels modèles skies-tu ?

A titre personnel, j'ai un faible pour les skis typés « race » avec une bonne dose d'accessibilité et les skis all mountain assez rigides : Völkl Mantra (2 paires), Scott Crusade, Rossignol Hero Elite ST Ti R22, 9GS, Dynastar Mythic Rider, etc.. L'Elan Wingman 84 et le Stöckli Laser SC sont sur la buying list de cette année.

Ces skis ont-ils été testés par PROSKILAB ?

Oui, ce sont en général des skis pour lesquels j'ai eu un coup de coeur lors des séances de présélection ou lors des tests. De mémoire, ils ont presque tous obtenu un award « best ski ».